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 all these karats like i'm a fucking vegetarian.

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MessageSujet: all these karats like i'm a fucking vegetarian.    Sam 29 Avr - 11:30

ignacia pushkin
you could be the king
but watch the queen conquer

nom/prénom ▪️ ignacia roxane diana pushkin. il y en a pour tous les goûts, l'identité boule à facettes. la défiante prostituée de sting rencontre la perle de la royauté british. comme une prédestination, certains diront. le port de tête aristocratique et le regard lascif. la bouillante dévotion latine en majuscule, alors que la décadente, glaciale saint-petersbourg ferme le bal. il est adapté, le tour du monde, pour celle qui veut bouffer le globe. dite 'iggy', car lorsqu'on à le claquement de talons pressé, une syllabe de plus est une syllabe de trop. pushkin, c'est carrément plus un nom, c'est une marque; smile for the camera, honey. âge/date de naissance ▪️ iggy est née dans la canicule new-yorkaise il y a vingt-sept piges. un vingt-neuf août, sous le signe de la vierge - fait dont l'ironie n'a jamais cessé de l'amuser. un ex-amant, étudiant en civilisations anciennes, lui a fait la remarque : "je ne serais pas si cynique, à ta place. la constellation de la vierge est liée au culte d'artémis. la belle chasseresse, protectrice des amazones, féroce déesse qui ne laissait jamais les hommes l'approcher. ça te rappelle personne ?" iggy ne l'a jamais rappelé.  lieu d'origine/nationalité ▪️ américaine blasée. fière démocrate et obamaniac, opposée aux armes à feu et mortifiée de savoir trump dans le bureau ovale. origines diverses ▪️ l'une des branches parentales vient du mexique - d'où le dévot choix de prénom - la seconde semble avoir de floues racines soviétiques qui ont mystérieusement résisté à la doctrine truman. langues parlées ▪️ anglais, français, espagnol, italien, body language et débute en mandarin. études/métier ▪️ après d'ô combien coûteuses études de droit à la prestigieuse université de yale, (elle avait également été acceptée à brown et columbia, mais force était de reconnaître que le silver and blue lui allait mieux au teint), et de stages aux quatre coins de la patrie, iggy est senior attorney pour la branche d'un cabinet d'avocats de nyc. gardienne de la propriété, elle est la maîtresse et épouse des grandes fortunes du comté. iggy fait danser et prospérer les benjamins entre ses griffes manucurées avec gourmandise - et s'assure de s'octroyer quelques liasses dans le processus, à travers le saint sacrement des heures facturables. elle a sacrifié d'autres propositions de postes plus alléchantes, a fait une croix sur paris, londres et sf, dans l'unique but de vivre à proximité de ses mamans. avant, il lui arrivait de regretter de ne pas être allée jouer des coudes chez un géant du droit, qui aurait conféré à son c.v. autrement plus de prestige. désormais, elle a changé son fusil d'épaule. iggy s'est aperçue que le réel challenge, le seul vraiment séduisant, ce n'était pas d'aller embrasser les sommets déjà atteints par des autres, mais de pousser une moyenne entreprise à sa hauteur. revenus financiers ▪️ si l'instance parentale a des thunes, iggy refuse de faire appel à elle. elle veut se faire ses propres dollars et jusqu'ici, y parvient à merveille. elle est à l'aise, se déplace en taxi et/ou louboutins, voit grand, aime en doré, vit en rouge vif, pleure des diamants. elle a en suffisance, mais il lui faut plus. son appétit financier est charnel, insatiable, gargantuesque. tous ces zéros dont elle est garante mais non détentrice, elle les convoite. iggy aime le fric plus que les hommes, et à peine moins que l'oxygène. dotée d'une manichéenne vision du bien et du mal, pour satisfaire ses appétits, son code moral ne se résoudra jamais à rien d'illégal. trop américaine pour son propre bien, elle sera la plus grande self-made woman que le globe n'a jamais vu. lieu de résidence ▪️ propriétaire d'un gigantesque loft à southampton, iggy est bien trop jeune pour aller s'emmurer dans une villa. elle a acheté son chez elle en simple connaissance de cause, l'immobilier est toujours un excellent investissement, mais n'est retenue par rien. ni le toit ni la famille ne font office de parpaings : elle est légère, une poupée de papier, et au moindre vent de changement, sera soufflée au bout du monde sans un seul regard en arrière. elle partage une cuisine avec ses trois colocataires/locataires, par peur profonde de la solitude. orientation sexuelle ▪️ "do we have to worry about who’s gay and who’s straight? can’t we just love everybody and judge them by the car they drive?" iggy, elle adule les filles, et tout le monde le sait. elle les aime bruyantes ou discrètes, en jupe de liberty et chemise en flanelle, lui servant son café au starbucks ou représentant ses droits au parlement. elle ferait tout pour elles, quelles qu'elles soient. autant dire que son hétérosexualité lui est apparue comme un choc, et il lui a fallu beaucoup de courage pour l'annoncer à ses mamans. elle a essayé pourtant, dans son adolescence, katy perry-style, d'aller goûter au gloss à la cerise sur les lèvres des filles, mais rien n'y fait. elle préfère les bouches des hommes – du moment que rien n'en sort.  statut civil officiel ▪️ dégoût des chromosomes xy oblige, les hommes ne sont pour elle bons qu’à exprimer leur masculinité pendant une heure ou deux peau contre peau, et elle n'en attend pas d'avantage de leur part. célibataire chronique, désillusionnée, feminazi et féroce, aux habitudes de mante religieuse. le coït fini, elle t'arrache la tête. statut familial ▪️ bébé éprouvette de deux mamans glamour. everything is girly and nothing hurts. maman alba cantoblanco est professeur de littérature latino-américaine à columbia. maman jillian pushkin est présentatrice d'un talk-show et, depuis une vingtaine d'année, america's sweetheart. premier couple lesbien et stable dans l'oeil des caméras, iggy était plus qu'un marmot, mais un experiment, un coup de propagande, la grande, belle et bruyante preuve que le mariage gay ne détruit pas la société. que le parenting homosexuel fonctionne. iggy, sans le vouloir, c'est pas une femme, c'est un symbole. elle est une cause lgbt, un totem, un point final. féminine et tolérante, ambitieuse et cultivée, la pop-culture ne s'est jamais intéressée qu'à ses bons côtés. nb d'enfants ▪️ eurk, what? traits de caractère ▪️ ambitieuse, arrogante, battante, excessive, intelligente, vive, observatrice, rancunière, matérialiste, bosseuse, séductrice, impatiente, cynique, tenace, indépendante, passionnée, loyale en amitié, méfiante en amour, manipulatrice, attentive, combattive, prétentieuse, susceptible, charmeuse, snob, rusée, belliqueuse, cynique, observatrice, vive, réaliste, ambitieuse, organisée, perfectionniste, farouche, jalouse, bornée, capricieuse.

money or champagne
i woke up like this | la peau d'iggy est parfaite, mais ce n’est pas dû qu’à la génétique (certes, le fait que maman jillian ait fait partie du classement des cent plus belles femmes du monde de people magazine deux ans de suite ne gâche rien) : iggy entretient un mode de vie extrêmement sain depuis sa venue sur terre, traitant son corps comme un jardin japonais. tout est question de douceur, de sobriété, de respect, de symétrie. elle boit deux litres d’eau et thé vert quotidiennement et mange énormément de légumes crus. ancienne capitaine de lacrosse de son école, iggy pratique désormais le pilates et le kick-boxing, dort une moyenne de sept heures par nuit, n’a jamais touché à une cigarette. personne n'étant parfait, et la jeune femme étant le paradigme de l'overachiever, iggy a une relation étrange avec la nourriture. elle le nierait en bloc si quelqu’un soulevait la question, mais elle souffre d’orthorexie. elle se nourrit peu, bio, végétalien, sans sucres ajoutés, et vérifie scrupuleusement la provenance du moindre aliment consommé. elle a peur des surgelés comme certains ont peur du noir. pour elle, il ne s’agit que d’une préoccupation saine et vitale concernant ce qu’elle ingère, mais quiconque la connaît réellement se rend compte qu’il y a quelque chose d’obsessionnel, voire maladif, dans la façon dont elle contrôle sévèrement tout ce qu’elle mange. la seule substance sur laquelle elle exerce étrangement peu de monitoring, c'est l'alcool. elle n'abuse jamais, ou rarement, mais elle considère le chardonnay et les caïpirinhas du vendredi soir comme son seul vice, celui qui est nécéssaire à la stabilité des vertus. feeling myself | pour une première de classe sans merci, ex-valédictorienne et pour qui la réussite académique a toujours été la priorité, elle ne respecte pas son propre stéréotype en étant connue comme le loup blanc dans tous les endroits de la ville qui servent des vodka-fraises, et ayant déjà vu l’intérieur de la chambre d’une sacrée brochette de bachelors locaux. on l’imagine n’ôtant sa jupe que quand il y a des draps en coton égyptien à la clé, mais ça n’a jamais été un de ses critères. tout ce qu’elle demande, c’est des épaules parfaites et un pedigree impeccable. remarque, pas nécéssairement besoin de remplir la seconde condition si vous bénéficiez d'une mention très bien dans la première.  in girls we trust |iggy, c'est le girl power. la passion platonique envers ses amies, l'amour de son sexe. à douze ans, lorsque timothy kidd a passé un bras possessif autour de ses épaules pour la simple raison qu'ils s'étaient embrassés à sa fête d'anniversaire, le samedi précédent, la réalisation fut instantanée. les relations, merci mais non merci. les garçons, elle adorait les embrasser, mais elle abhorrait l'après. les obligations, alors que tout ce qu'elle voulait, c'était passer à un autre. de douze à vingt-sept, malgré un interlude monogame, désastreux, rien n'a réellement changé. les hommes, car ils sont terriblement prévisibles, veulent tous la percer à jour, résoudre l'énigme. la guérir. non, elle n'est pas une gosse de divorce. aucun traumatisme. cherche pas. elle est simplement la independent woman dont destiny's child te parlait. #flawless | bébé éprouvette, iggy n'a jamais ignoré ses origines. le pistil de mr donneur #b5643 dans la fleur de mom jillian, c'est relativement simple à comprendre, même à un très jeune âge. plusieurs fois au cours de son existence, quelques homo erectus ont tenté de la ridiculiser pour cela, mais iggy n'a jamais eu honte de sa genèse, précisément car ses mères n'ont jamais tenté de la lui cacher. à l'inverse, le médium de sa conception est la raison même de sa confiance en elle. elle est née de l'intersection entre progrès et volonté, de la précision de la science et du profond souhait de ses mamans – et non du frottement des parties génitales de deux individus même pas foutus de mettre un préservatif. pourquoi aurait-elle honte de ça ? on lui pose souvent la question, et laisse-moi te sauver quelques précieuses secondes, la réponse est non. non, elle n'a jamais souhaité savoir qui était son """"père biologique"""". à part un soupir silencieux de temps en temps pour lui avoir refilé le gêne de la peau fragile, elle ne lui accorde jamais une pensée. se contente de mettre de l'écran total. elle a déjà deux parents qui l'aiment à temps plein. plus, ce serait trop. america was never great |rejeton d'une famille on-ne-peut-plus-démocrate, qui adore les obama, rejette les armes à feu, et débat de façon virulente à table comme certains racontent leur journée, iggy est dotée depuis l'enfance d'une grande conscience politique. fière démocrate activiste, humaniste, inscrite sur les listes de vote depuis qu'elle en a l'âge, iggy détonne. dans leur milieu, s'intéresser aux inégalités est une rareté et, fervente féministe, elle adore être, durant les galas et cocktails du comté, l'ongle sur le tableau. celle qui, avec data, chiffres et rhétorique impeccable, fait s'étouffer les vieux cons dans leur whisky cinquante ans d'âge. elle se battra becs et ongles pour ce qu'elle croit être juste, car c'est la valeur principale que lui ont éduqué ses mamans – la défense de ses idéaux. chez elle, les éditions chiffonées du TIME magazine cotoient sur les armoires les piles bancales de national geographic, les essais de métaphysiques et les romans historiques dont elle est tellement friande. elle a tellement dansé pour la réelection d'obama en 2012 qu'elle en est tombée du bar. elle en garde une cicatrice fine sur la hanche qu'elle a surnommée scarack obama. BO$$ | accro à son agenda sur smartphone, iggy ne sait survivre à une telle frénésie professionnelle et sociale qu'en étant or-ga-ni-sée. même sa vie nocturne et ses expériences charnelles font partie d'un calendrier entretenu avec précaution. si tu ne lui es utile en rien, t'as plutôt intérêt à avoir some nice fucking moves si tu veux attirer son attention. tout ce qu'elle entreprend suit un schéma préalablement prévu, et elle voue une haine sourde aux surprises, comme l'a tristement prouvé le grand birthday fiasco 2k13, ou la surprise party organisée pour elle par ses colocataires à la fac, pourtant pleines de bonnes intentions. une seule chose prend le pas sur planning : sa loyauté. si ceux (rares) qu'elle aime ont besoin d'aide, même pour une futilité, iggs se précipitera à la rescousse, c'est épidermique. fuck with myself |iggy, à première vue, c’est rich kids of instagram 1.0.1. la démarche de celle pour qui on a toujours fait de la place, l’attitude sans compromis ni excuse des trust-fund babies, l’apparence impeccable en toute circonstance, les fringues siglées, le manque criant de modestie. iggy, quand on gratte, c’est une acharnée de travail constamment déçue d’elle-même, ardente défenseuse des droits de chacun, qui a un besoin maladif d'approbation et, paradoxalement, se donne un mal fou à provoquer. bills bills bills |ayant été élevée dans la facilité de ceux qui ont toujours eu bien plus que ce dont ils avaient besoin, iggy a pourtant toujours connu la valeur du travail. de se poser des buts et de lutter pour les atteindre. de se battre pour ce qu'elle veut. iggy ne pourrait jamais renoncer à son lifestyle extravagant, à ses entrées à la fashion week de new york, à ses dix voyages par an, à ses draps de coton égyptien. mais elle sait aussi qu'elle ne veut jamais rien devoir à son patronyme, au visage de sa mère affiché sur des billboards à travers le pays. contrairement aux rejetons des familles à chevalières qu'elle a toujours fréquenté, iggy veut gagner ses propres liasses. pur produit de l'american dream, elle a le culte du self-made man brûlé sous les paupières. volonté de fer, si elle n'est pas déposée au sommet, qu'à cela ne tienne. elle gravira les échelons en louboutins, et peu importe ceux qu'elle écrase sur le trajet. like it doesn't hurt | elle est tombée amoureuse. une seule fois. these violent delights have violent ends - et c'est parti en fumée, entre trois verres brisés, deux insultes et une unique larme. elle ne s'est plus jamais entichée de quiconque depuis. car aucun homme ne la mérite. c'est ce qu'elle aime à se dire. pourtant, les nuits solitaires, lorsqu'elle attache son soutien-gorge à côté de la proie du jour, assoupie à sa droite, elle entrevoit la vérité. elle est tombée amoureuse d'elle-même, car elle ne pense pas avoir droit à quelqu'un d'autre. pourquoi s'accaparer un être, puisqu'elle n'a rien à rendre en échange ? stérile, ses entrailles sont sèches, son corps est vide. rien ne peut y pousser, pas même les sentiments. doll-faced devil | elle a les traits enfantins, iggy, le forever young des gens aisés. le nez en trompette, les taches de rousseur, silhouette fluette, on lui donnerait le bon dieu sans confession. et au lieu d’en jouer, de cacher ses canines sous le couvert de l’agneau, elle fait tout pour contrer son image de petite fille adorable. rouge à lèvres clinquant, talons vertigineux, du noir et du vermillon, parfum capiteux, eyeliner so sharp it could kill a man - tout est bon pour ne pas laisser ses traits mutins donner à penser qu’elle est docile. iggy, elle est lionne, l’impératrice du règne animal, et tu ferais bien de t’en souvenir au premier coup d’oeil.

fuck love, give me diamonds:
 


Dernière édition par Iggy Pushkin le Lun 1 Mai - 16:38, édité 23 fois
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MessageSujet: Re: all these karats like i'm a fucking vegetarian.    Sam 29 Avr - 11:31


be careful of that girl,
she looks to troy
and knows what she wants,
she’ll scorch more than one
great city to the ground
and when she turns your heaven
to ashes too,
she will expect nothing less
than a thank you.


[and you'll understand why
storms are named after people]

Iggy resserra sa queue de cheval, les yeux sur les gradins. Ramassa sa crosse et tapota le manche contre ses crampons pour en faire tomber la terre sèche. Les yeux toujours sur les gradins. "Il est mignon, reconnais-le." Gemma, occupée à lacer ses chaussures, se contenta de répondre par un grognement évasif. L'objet des attentions d'Iggy, à savoir le gardien de l'équipe masculine de lacrosse de l'établissement, tourna la tête au milieu d'une phrase échangée avec ses coéquipiers, et croisa son regard. Peut-être aurait-elle dû être gênée d'avoir été surprise en pleine opération reluquage, mais ce n'était tragiquement pas le genre de la maison. A la place, elle haussa un sourcil espiègle. Ce n'était pas sa faute, c'était les épaules. Sa grande faiblesse, les omoplates qui roulent sous la peau. On ne choisit pas sa kryptonite. Ça avait été une merveilleuse idée, de prévoir un entrainement supplémentaire juste après celui des garçons. Si elle avait su que, galants, ceux-ci proposeraient de se changer sur les gradins pour laisser les vestiaires aux demoiselles, elle n'aurait pas attendu avril pour surmener son équipe. "Iggs, surtout, tu nous fais signe quand t'as fini de mater ?" Quelques éclats de rire, dont le sien. "Oh, il n'y a rien pour Pushkin là-haut. Faites plutôt attention à vous, paraît qu'être gouine, c'est héréditaire." Iggy se retourna lentement. Saunders, du haut de son mètre 80 et de ses grands chevaux, lui décocha un sourire narquois avant de faire volte-face et de se mettre à trottiner vers le centre du terrain. Iggy fit la seule chose qu'elle avait à faire. Elle la suivit, calmement, et lui envoya sa crosse entre les genoux. Lorsque Saunders tomba à genoux sur le gazon, son fessier entra en contact relativement violent avec les crampons de Pushkin. Deux fois. Trois fois. "Tu disais, pétasse ?" Elle continua à décorer la chair de Saunders, même lorsqu'elle entendit les aboiements outrés de l'entraineur résonner dans son dos. Un jour de suspension, trois de colle. Un filet de réunions avec le psychologue scolaire. Saunders s'en échappa sans rien. Iggy apprit comment se rendre invincible, comment s'immuniser. Puisque la violence des mots avait droit de cité partout, elle laisserait sa bouche rendre coup pour coup. Mommies, je veux faire le droit.


[same shit, different guy]
Et quand ils lui demandent, car ils le font tous, pourquoi elle fuit tant les hommes, elle ricane. Le carillon des secrets ordinaires en sol mineur. Elle prend une longue gorgée de Mimosa, les épaules jetées en arrière pour dévoiler les clavicules, et repose son verre sur l'acier du comptoir dans un claquement sec. Elle ne répond jamais. Se contente de baisser le regard, le relève – et c'est le moment de l'amorce. Ils lui demandent, d'une façon plus ou moins subtile en fonction de l'individu, si elle désire un autre verre/passer la nuit avec eux/le grand amour. Elle penche la tête sur le côté. Invariablement, elle y pense. Elle se revoit, dans le bus, le jour de ses 14 ans. La glorieuse année de It's Raining Men et de Lady Marmalade. Beaucoup trop d'ombre à paupière violette, mais c'était son anniversaire, alors les mamans avaient dit oui. La ligne B2 qui l'emmenait au cinéma était presque déserte. Elle ne se souvient pas du film qu'elle et les filles allaient voir (c'était Pirate des Caraïbes). Mais elle se souvient de la moiteur. De la terreur métallique sur ses collants irisés. Elle avait tourné la tête lentement. Il devait avoir une cinquantaine d'années – ou autant qu'on puisse juger de l'âge des adultes, quand on est en pleine puberté. Il regardait droit devant lui. Et Iggy elle, elle fixait cette main inconnue, cette main sale, cette main tachée sur ses beaux petits collants irisés. Le trajet de bus s'était allongé jusqu'à devenir une existence, jusqu'à gâcher une vie. Elles avaient toutes eu peur cette nuit là. Les filles, des squelettes du Black Pearl.
Iggy, de lui,
de eux.

Et quand ils lui demandent pourquoi elle fuit les hommes, elle se revoit à 19 ans. Les lèvres ourlées du sourire en coin des premiers rendez-vous. Il avait une fine cicatrice sur la pommette droite et des épaules, oh des épaules… Elle n'avait bu qu'un verre, mais la fatigue lui avait donné l'impression d'en avoir bu dix. Tout ce qu'elle voulait, c'était rentrer chez elle. Tout ce qu'il voulait, c'était un peu d'attention. Elle avait chassé ses baisers, ses mains, jusqu'à ce que la chaleur dans la voiture ne l'étouffe. Elle avait voulu un peu d'air frais, un peu d'air frais et un peu de calme, mais la portière était verrouillée. "Matt…" avait-elle demandé. Il s'était collé un peu plus contre elle, soufflant son haleine chaude dans sa nuque. Elle avait idiotement continué à tirer sur la poignée, encore et encore. "Matt" avait-elle répété, et elle savait, elle savait qu'il avait entendu la peur dans sa voix. Mais il avait bu plus qu'un verre, et sa réalité s'était arrêtée à deux jambes et une minijupe. Lorsqu'il fit glisser sa main sur ses cuisses, elle lâcha la poignée. Elle avait retenu ses leçons. Quelques années plus tôt, au cours d'éducation sexuelle, c'était Iggy qui avait posé la question, et c'était Mrs Turner qui avait répondu "si ça arrive et que vous vous sentez en danger, saisissez son index et tirez-le aussi fort que possible vers vous, jusqu'à entendre le craquement. De deux choses l'une : soit la douleur l'arrêtera, soit il sera plus énervé. Mais lorsque vous le trainerez au tribunal et que l'avocat de la défense essaiera de faire croire au juge que vous en aviez envie – car il le fera – vous pourrez désigner son atèle et dire "est-ce que cela ressemble à des préliminaires, pour vous, Votre Honneur ?"

Elle le revoit lui. Celui qu'elle avait laisser pénétrer entre ses côtes, car il était différent, car il était comme elle. Car si elle devait goûter à la noyade, un jour, elle voulait emporter un autre sous les flots. Elle avait pourtant toujours su qu'il était un asshole. Peut-être était-ce la seule raison pour laquelle elle l'avait laissé approcher. Les connards, au moins, avaient le mérite de jouer carte sur table. Elle pensait savoir à quoi s'attendre.
Elle pensait être prête.
"Dégage."
Il avait le regard vide. C'était donc ça, être amoureux. Ignorer si elle préférait lui arracher les yeux à lui, ou à elle-même, pour s'empêcher de le voir passer le seuil.  Iggy les haïssait tous. Lui, eux, cette famille, ce mensonge, ce milieu, cette sensation. Les poumons remplis de flotte salée. Ça ne valait définitivement pas le coup.

Elle voit les coups sur la poitrine de son amie qui avait tenté trop tard de se cacher avec une serviette. Qui avait tourné la tête, les joues rouges. "Theo a eu une semaine difficile au boulot." Elle entend les sifflements, les rires, les compliments que l'indifférence a changé en insultes.
Et ils lui demandent pourquoi elle fuit les hommes ?
Please.


[damaged goods]

ronan 3.56 PM "pushkin, t'es libre ce soir ?"
ronan 4.38 PM "bellinis au victoria lounge, 9PM. say yes"


"Ronan, hm ? Charmant prénom," vint de sa droite la voix étouffée de maman Alba, qui avait levé le regard de sa tablette pour offrir à Iggy un sourire de connivence, sourcil parfait formant un angle à 45°. "C'est un ami ?" Iggy verrouilla l'écran de son iPhone du bout d'un index pressé, et fit tomber le téléphone dans son sac, ouvert sur ses genoux. Non, à l'évidence. Si partager un taxi et quelques gémissements qualifiait pour une amitié, elle recevrait bien plus de coups de fil le jour de son anniversaire. "C'est personne," répondit-elle, voix nettement trop haute pour l'atmosphère de la salle d'attente. Trois paires d'yeux outrés par le bruit convergèrent vers l'analogique duo mère-fille, même jambe droite croisée sur la même jambe gauche, même tête renversée contre le même poster annonçant les dangers de la dépression vaginale. Et elle le pensait. Ronan, ce n'était personne. L'expérience lui disait qu'elle devait s'attendre à une question, un commentaire ou un roulement moqueur des orbites – tentative noble de se concentrer sur les futilités pour désamorcer la tension de l'attente - mais l'intention fut interrompue par deux mots énoncés avec tonitruance. "Ignacia Pushkin." Ils résonnèrent longtemps dans le cube aseptisé. Ou peut-être était-ce une construction mentale due à l'angoisse ? Cinq syllabes étirées à l'infini. combinaison ridicule. La susmentionnée Ignacia Pushkin et sa mère se levèrent d'un seul mouvement, sans échanger un regard. Au revoir le badinage, car personne n'ignore qu'il faille craindre les résultats lorsque le médecin tient à vous les donner de vive voix. Iggy n'était pas alarmiste de nature. On ne s'inquiète de rien quand on a réponse à tout. Elle savait pertinemment qu'une perturbation de cycle pouvait être entièrement causée par le stress – et Obama savait qu'avec ses finals et l'échéance de son rapport de stage approchant, la thèse du surmenage était cohérente. Tout ce qu'elle souhaitait, à ce stade, c'était la fin des malaises à répétitions. Deux mots comme un couperet clinique : ménopause précoce. Le cuir bas-de-gamme des chaises couinait. Iggy maintint sa bouche en un inébranlable croissant intéressé. Elle ne faillit même pas lorsque le gynécologue sortit ses schémas, ni quand sa mère orienta la discussion sur les possibilités de médication, et offrit à Iggy un moment de répit, en dehors du regard nerveux du médecin. Il y avait deux pendules de Newton sur son bureau, et les ouvrages dans la bibliothèque derrière lui étaient classés par taille et non par sujet. Quelle étrange personne.

"D'un point de vue statistique, c'est une bonne chose que ça tombe sur moi," dit-elle en bouclant sa ceinture de sécurité, précautionneuse à ne pas se coincer les cheveux sous la bande de nylon. "Franchement, s'il y a une personne dans l'état qui ne risquait pas de vouloir une grossesse, c'était bien moi." Elle savait que sa mère la fixait, le malaise remplissait tout l'habitacle, mais Iggy s'occupa à fourrager dans la boîte à gants à la recherche d'un paquet de chewing-gum sans sucre. La clé tourna dans le contact. "Pense un peu à toutes les économies que ça implique." Clignotant pour quitter le parking. "Déjà, la pilule contraceptive obviously, mais ne serait-ce que pour les tampons, si t'y réfléchis." Le feu était vert. "Ça me fait penser, je t'ai dit que mardi prochain je vais assister à une conférence sur la taxe rose ? Je dois pouvoir te trouver une place, si ça t'intéresse. On pourrait y aller ensemble. Pourquoi pas grignoter un bout chez le libanais de Barcombe Place après ?"

Vingt minutes plus tard, la voiture s'arrêta péniblement devant l'immeuble d'Iggy. "Tu es sûre que tu ne veux pas venir dormir à la maison ?" Les longues mains sur lesquelles commençaient à se dessiner quelques rides étaient toujours sur le volant, prêtes à redémarrer dans la seconde si l'ordre en était donné. Iggy eut un mince sourire – mais c'était sa mère, pas un inconnu en blouse blanche, alors celui-ci mourut bien vite sur ses lèvres. Elle hocha la tête obstinément, répandant le parfum de son shampoing, amande et noix de coco. "Ça va. Ne te tracasse pas pour moi." Maman Alba laissa échapper un soupir moitié convaincu. "Je sais, sweetie. Je sais. Tu ne me laisses jamais le faire." Par habitude, la jeune femme se pencha, tendant une joue lisse sur laquelle sa mère alla laisser une trace de rouge à lèvre Allure Velvet de Chanel. Iggy savait que la bouche carmin souhaitait la rassurer d'une manière ou d'une autre, lancer quelques mots sur le tableau de bord pour partager le fardeau, mais elle n'avait rien envie d'entendre. Dans ce petit bureau, entre deux pendules de Newton et deux femmes presque identiques, l'une portant l'âge sur les mains et l'autre entre les reins, tout avait été dit. Iggy claqua la portière en sortant. L'appartement était sombre. Elle sortit son téléphone. Fixa le fond d'écran un moment. Laissa échapper une longue expiration.

6.18 PM "fuck le victoria lounge. t'es chez toi ?"

Elle avait quelque chose à se prouver. Qu'elle avait encore vingt-quatre ans, peut-être. Qu'elle était indestructible, sans doute. Elle ne lui laissa pas le temps d'ouvrir la bouteille de vin qu'il était allé acheter en vitesse à l'épicerie du coin. Elle ne lui laissa même pas le temps d'aller jusqu'à la chambre. Ils roulèrent sur le tapis du salon, et c'était plus sincère que la dernière fois. Plus brutal, peut-être. Le soleil se couchait à travers les stores, et quand les cris cessèrent, il faisait froid. La respiration de Ronan était tonitruante, et elle voulut lui hurler de la mettre en sourdine, la mettre en sourdine et disparaître. A la place, elle se leva et éplucha sa blouse. Il se redressa sur un coude et l'observa longuement. Alors qu'elle enfilait le vêtement, il lui souffla "Je crois que je t'aime." Iggy leva les yeux au ciel.
"Oh, la ferme."
Et ramassa sa jupe.


Dernière édition par Iggy Pushkin le Dim 30 Avr - 6:17, édité 10 fois
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MessageSujet: Re: all these karats like i'm a fucking vegetarian.    Sam 29 Avr - 12:08

JE SUIS EN AMOUR SUR CE QUE J'AI LU
si t'as besoin de lien, lucius est tout à toi
Bienvenue et bon courage pour le reste de ta fiche cat
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MessageSujet: Re: all these karats like i'm a fucking vegetarian.    Sam 29 Avr - 12:14

"A bitch on my level"
ça m'a l'air d'être un sacré spécimen, Iggy
je salue tous les choix, un grand bienvenue à toi
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MessageSujet: Re: all these karats like i'm a fucking vegetarian.    Sam 29 Avr - 12:18

lucius, qui tu veux tuer avec ce pseudo
je débarque plus que certainement bientôt en mp, car il y a des offres qu'on ne peut pas refuser (surtout si elles sont dites après un tel compliment en capslock, mes préférés )

jules, you got me at la citation en espagnol dans ta signature
muchas gracias pour ce message, t'iras au paradis
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Nils Frey
❛ don't ever apologize for the fire in you.
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Pseudo : belispeak, anaïs.

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MessageSujet: Re: all these karats like i'm a fucking vegetarian.    Sam 29 Avr - 12:24

Personnage de dingue, comme d'hab.
Bienvenue ici, vous êtes très charmante.

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▪️ ▪️ ▪️  ‘I’m not going to die,’ he said. ‘Not till I’ve seen it.’ ‘Seen what?’ His smile widened. ‘Everything.’



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MessageSujet: Re: all these karats like i'm a fucking vegetarian.    Sam 29 Avr - 12:30


mon dieu, ton début de fiche, j'aime tellement puis emma en plus
bienvenue sur le forum.
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MessageSujet: Re: all these karats like i'm a fucking vegetarian.    Sam 29 Avr - 12:30

je suis déjà ultra fan, iggy va tout exploser je sens
bienvenue par ici
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Lloyd Sterling

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MessageSujet: Re: all these karats like i'm a fucking vegetarian.    Sam 29 Avr - 12:48

CETTE MEUF C'EST MA PREF DE TOUT L'UNIVERS 'KAY.
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Savie Schuyler
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MessageSujet: Re: all these karats like i'm a fucking vegetarian.    Sam 29 Avr - 13:31

Moooohhh Ivy.
Contente de te retrouver aussi, et cette fiche, ce perso, amen. Bienvenue.

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
throw her to the wolves, and she'll return leading the pack.
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MessageSujet: Re: all these karats like i'm a fucking vegetarian.    Sam 29 Avr - 13:56

nils, toi toi toi - tes compliments font chaud au coeur, vu l'amour que je porte à tout ce que tu touches (sans lien, je risque de pleurer)

taron, merci beaucoooooup c'est trop adorable

gigi, vu ta signature, j'aime déjà bien ta gigi aussi (puis iggy-gigi, gigi-iggy, elles sont faites pour s'entendre non ? )

lloyd, TOI ALORS

dev, amen toi-même d'abord
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MessageSujet: Re: all these karats like i'm a fucking vegetarian.    Dim 30 Avr - 6:10

Watson. Bienvenue. I love you
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MessageSujet: Re: all these karats like i'm a fucking vegetarian.    Dim 30 Avr - 6:12

t'as un tel don pour les fiches ... à chaque fois tu me mets en pls jusqu'au siècle prochain.    
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MessageSujet: Re: all these karats like i'm a fucking vegetarian.    Dim 30 Avr - 6:23

dax, merci ma jolie

lloyd, toi tu vas arrêter un peu oké.
qui parle ?
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MessageSujet: Re: all these karats like i'm a fucking vegetarian.    Dim 30 Avr - 6:55

ah mais, oui, quand même, qué que... de quoi ?       (si, si, ça avait du sens dans ma tête, d'abord   )
ta plume est juste à tomber (littéralement lool) et puis emma, et puis... tout
bref, bienvenue à toi, j'ai hâte de suivre l'évolution d'iggy en rp, ça risque d'être super intéressant
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MessageSujet: Re: all these karats like i'm a fucking vegetarian.    Dim 30 Avr - 7:50

Mamama, je confirme tout ce qui s'est dit au dessus c'est un vrai plaisir de te lire, Iggy est un personnage vraiment très intéressant, puis ce côté girl Power colle si bien à Emma tout en la détachant des rôles dans lesquels on la voit
Bref, c'était presque une fiche trop courte, vraiment
Je valide, bon jeu
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MessageSujet: Re: all these karats like i'm a fucking vegetarian.    Dim 30 Avr - 8:52

noah, tellement gentils ces compliments, merci

jules, oh la la c'est probablement la meilleure validation de fiche qui m'a jamais été accordée, tu as fait ma journée
merci beaucoup !
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MessageSujet: Re: all these karats like i'm a fucking vegetarian.    

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all these karats like i'm a fucking vegetarian.
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