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 rarely sorry. (ashley)

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MessageSujet: rarely sorry. (ashley)   Mar 2 Mai - 17:17


pardon my french, but he's so uptight,
if you stuck a lump of coal up his ass,
in two weeks, you’d have a diamond.


L'attitude d'Iggy est sans équivoque. Après plusieurs années à perfectionner la chorégraphie, mouvement par mouvement, savamment pensée à l'instar d'à peu près tous les aspects de son quotidien, elle est arrivée à un taux de réussite presque impeccable. C'est un art subtil, faire comprendre à son flavor of the week que si elle partage son corps avec générosité, elle est de loin plus possessive avec son matelas à mémoire de forme – donc tu seras gentil d'éplucher tes fringues du tapis sans espérer passer la nuit à casa de Iggy, et si tu ne retrouves pas ta ceinture, who cares, elle était soooo 2014 de toute façon. Iggy, elle est imprévisible et abondante dans l'étreinte, mais dans strictement rien d'autre. Une fois le sommet atteint, elle n'est pas de ceux qui entrelacent doigts, jambes, esprits, elle est la mauvaise candidate pour les câlins. Elle exige d'être laissée tranquille, ayant rempli sa part du contrat tacite. Deux mille ans de société patriarcale ont causé bien des dégâts à la race humaine, dont notamment celui de faire croire à l'entièreté des gus que les femelles sont des êtres principalement affectifs, dont la survie dépend de ta capacité à les spooner post-coït. Iggy, tout ce qu'elle veut, c'est un smoothie au kale, qu'il dégage, une douche et un épisode de The Good Wife. Pas nécessairement dans cet ordre.

It goes like this: elle baille ostentatoirement, mais se lève (du génie brut sur plusieurs niveaux). Enfile un kimono, le seul vêtement qu'elle daigne porter dans le loft - tout le reste étant bien trop précieux et délicat pour n'en faire profiter que ses colocataires. Le coup de grâce, c'est de saisir son smartphone, ouvrir une notification du Washington Post et, d'un air contrit mais intéressé, exclamer un énoncé peu sexy mais pas non plus repoussant, dans la veine de "comment ça, Trump veut assouplir la procédure de vote au Sénat ?" Naturellement, en sachant suffisamment long sur les relations humaines pour avoir conscience de l'importance de la personnalisation, les formules diffèrent. Celle-ci est réservée aux first-timers qui sont appelés à le rester. Dont la prestation a été plaisante, mais pas assez fabuleuse pour solliciter un rappel. Elle agit différemment si l'étalon lui plaît; dans son expérience, même s'il a pris son pied, un homme ne rappellera pas si l'intérêt d'Iggy s'est vu transféré si soudainement de son corps aux frasques de Trump. Il en va d'une histoire d'ego froissé, ou une connerie du genre. Va comprendre. La masculinité, je te jure. So fucking fragile. Cette fois, comme une preuve qu'avec l'âge, elle les choisit mieux, Iggy est tombée sur un bon spécimen. Il enfile ses fringues sans broncher, sourire aux lèvres, courtois, et s'en va après avoir planté un baiser sur la tempe d'Iggy (personne n'est parfait). Un passage dans sa salle de bain attenante pour effacer la trace de rouge à lèvres Dior qui s'est étendue au-delà des frontières de sa bouche et, en retournant dans sa chambre, son pied nu cogne contre un objet non-identifié, métallique, pointu, froid. Elle baisse les yeux. Soupire. Sa ceinture.
Elle pourrait la jeter. Ou encore la ranger dans un tiroir et l'offrir à Ashley pour le prochain round de Secret Santa auquel Roxie ne manquera pas de les forcer à participer. Iggy pourrait. Il faut croire qu'elle est d'humeur sainte aujourd'hui, puisqu'elle se baisse, ramasse l'accessoire. Ouvre la porte : "Dean !" Sans attendre une réponse, elle s'élance dans le couloir, celui qui connecte la cuisine à ses quartiers personnels, traverse la cuisine – Ash s'y trouve de dos, probablement occupé à se façonner un sundae à partir d'un vieux pot de glace vanille abominablement sucrée – et atteint le hall juste à temps. "Dean !" S'il s'imagine que sa présence manquait déjà à Iggy, la déception doit être franche lorsqu'il baisse les yeux sur le petit tas de métal et cuir qu'elle lui tend d'un geste princier. Adios, Dean.

De retour dans la cuisine, elle se saisit nonchalamment de la bouilloire électrique et la remplit d'eau. Ashley est à deux mètres, à moitié tourné vers elle, bien trop proche pour qu'elle puisse prétendre ignorer sa présence plus longtemps. "Tu veux un thé pour accompagner –" en guise de complément verbal, elle indique d'un mouvement de poignet vague la collation qu'il est en train de manufacturer "ça ?" L'enthousiasme ne suinte pas franchement de la voix d'Iggy, mais elle se considère déjà suffisamment clémente de proposer. Si seulement les filles la voyaient. Mentalement, elle note de ressortir le rameau d'olivier en présence de témoins. "Il se fait tard, tu ne devrais pas aller te coucher pour être en forme pour Jésus demain ?" Well... La Samaritaine n'aura pas fait long feu. Tant pis. De toute façon, la performance est gâchée s'il n'y a que lui pour en profiter, et elle préfère garder l'armistice pour les grandes occasions. Elle aurait juste pu la fermer. Certes. Mais c'est tellement moins divertissant. Surtout, il y a la certitude inconfortable qu'il vient d'assister au départ de son amant, et au spectacle d'elle qui court derrière celui-ci, et pour une raison inconnue, Iggy a tout à coup besoin de remplir le silence, de peur que ce dernier ne chuchote des jugements tacites qui vont immanquablement l'agacer.

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