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 empty spaces. (lucius)

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MessageSujet: empty spaces. (lucius)   Dim 30 Avr - 20:30


okay, so maybe i should’ve known better,
but lonely is harder to swallow now than it’s ever been,
and i don’t exactly call self-preservation a priority at the best of times.
i was open and aching, and you, god,
there you were, breathing life into the room,
laughing like it caught you by surprise, and i- well.
i guess what i’m getting at is that i can’t really blame myself
for letting you make yourself at home in all of my empty spaces.


Peut-être que ce pour quoi Iggy s'en veut le plus, au fond, c'est la facilité avec laquelle elle s'est habituée.
Elle a les yeux clos. Joue droite posée contre la taie d'oreiller tiède. Elle le sent, allongé derrière elle. Alors qu'il est silencieux. Alors qu'il ne la touche pas, ou à peine; elle ignore s'il s'agit de la tranche de sa main à lui ou d'un pli dans les draps, mais quoi qu'il en soit, il y a ce carré de peau entre ses omoplates qui crépite à la seule possibilité que leurs épidermes se soient rencontrés dans les bras de Morphée. Et il ne s'agit pas cette fois du frémissement délicieux qu'il provoque chez elle lorsqu'il la fait danser sous ses doigts – femme horloge, dont il a apprivoisé les rouages avec une facilité déconcertante. Non, ce crépitement-ci, il est menaçant. Il fait vibrer l'électricité au fond de sa gorge, se répand sur ses lèvres sèches et sucrées, souvenirs des trop nombreux Cosmopolitan de la veille. De l'autre côté du trop grand lit, qui lui est pourtant claustrophobique ce matin, elle devine sa silhouette, du scalp aux orteils. Ce corps qui lui est devenu familier, alors qu'elle pensait ne savoir se délecter que de l'inconnu. La respiration de Lucius est régulière, profonde. Elle sait qu'il dort. Elle en est certaine. Et pourtant, son dos dénudé s'hérisse, ondule sous l'impression épineuse d'être observée. Iggy plisse les yeux aussi fort qu'elle en soit capable, pensant naïvement que si elle y met suffisamment de volonté, elle saura se forcer à retomber dans un coma bienheureux. Retrouver l'oubli pour que, à son second réveil, elle ne sente rien d'autre que du vide contre ses vertèbres. Se rendormir assez longtemps pour que la subtile brèche du matelas trahissant une présence retrouve son inclination solitaire. Qu'il se soit barré d'ici là. Après tout, il connait le chemin. Elle n'a jamais voulu de cette intimité, Iggy. Cette proximité n'est rien d'autre que le byproduct du plaisir à répétition – le dommage collatéral, non désiré, qui n'est toutefois pas suffisamment horrible pour qu'elle cherche à se priver de la source. Ou plus exactement, n'était pas suffisamment horrible.
Parce que mardi, elle s'était promis d'arrêter. Même joue de soie sur le même oreiller de coton, mêmes corps sur le même côté du lit, elle s'était juré de faire une croix sur Lucius. Cela paraissait tellement facile, en théorie. Un moucheron sur le pare-brise de sa vie, malencontreusement amené par la brise, aussi facilement délogé. Mardi, ça paraissait la plus simple des décisions. Iggy n'est rien si pas déterminée. Sauf qu'il est samedi, et qu'il est là. Même joue sur le même oreiller. Il s'est glissé dans la brèche du matelas comme une putain de pièce de puzzle. Comme si c'était naturel.
No. Fucking. Way.

D'un mouvement brusque, comme éjectée du sommier, Iggy est debout. Ses pieds nus s'enfoncent dans le tapis pelucheux alors qu'elle décroche un kimono en satin d'un cintre et l'enfile. Il est , dans son pieu, sur le dos, un bras drapé autour du crâne, torse-nu, et le drap fin qui lui est descendu jusqu'au bassin laisse peu de place à l'imagination, ravivant les souvenirs alcoolisés de la veille et de ses mains qui – Iggy, focus ! La vision de Lucius affalé dans son lit, seul, lui est tout à coup insupportable. Sur une impulsion impérieuse, elle épluche le Levi's usé de son visiteur du tapis, en façonne une boule de denim entre deux paumes toujours passablement fébriles après les cocktails de la veille, et le lui lance au visage. "Debout !" Le pouvoir cathartique est à effet immédiat. Elle peut déjà sentir ses épaules se dénouer sous le tissu sombre. Puisque ça a fait tant de bien la première fois, elle remet ça. Envoie son t-shirt rejoindre son pantalon. "Rise and shine – hors de ma chambre." Elle réitère la promesse. Elle veut y croire. Cette fois, c'est la bonne. Cette fois, c'est la dernière.


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MessageSujet: Re: empty spaces. (lucius)   Lun 1 Mai - 8:45

En un simple sms, en de simples mots tu étais tout à elle. Tu prenais ta Jeep en direction d’un garage beaucoup plus luxueux. L’avantage d’être polyvalent était que tu pouvais conduire n’importe quel bolide que jamais tu n’aurais pu acquérir. Iggy t’en donnait les moyens. Trop de fois où tu libérais tes soirées pour l’emmener à ses galas mondains. Ce soir-là semblait particulier, elle se lâchait, se laisser vivre au grès des verres de plus en plus alcoolisés. Tu l’avais observé toute la soirée, d’un coin de l’œil depuis la voiture. Tu ne la retenais pas, personne ne l’avait retenu. Au point que, tu avais eu le délice de goûter à sa peau chaleureuse le retour venu. Chaque message, si virulent soit-il, emmenait à la même fin tragique. Des coups endiablés entre de virulentes remarques. Mais tu retournais à elle, tu retournais vers son corps qui te faisait frémir. Elle était ce genre de femme que tous les hommes suivaient sur Instagram, belle et audacieuse. La fierté de l’avoir pour toi quelques heures, la fierté de la soulager de ses rages un instant.
Sous ce sourire satisfait tu t’endormais. Vos corps étaient éloignés de telle sorte qu’il n’y avait rien de doux entre vous, pas même une caresse dans la nuit, un baiser attendri. Tu étais resté dans un coin du lit sur des oreilles au prix de ton loyer. Tu dormais sous le coup du travail intensif des autres avec une légèreté déconcertante. Ces daddy’s children avaient toute raison d’oublié comment ils détenaient leurs trésors. Et ça, tu le faisais trop facilement remarquer à celle qui comblait tes nuits. Mais à cet instant précis, se fut elle, elle la vermine qui te faisait remarquer que tu étais de trop. Tu aurais dû partir dans la nuit, tu aurais dû reprendre cette voiture de plusieurs zéros, tu aurais dû faire le chemin inverse sans jamais douter qu’il ait pu y avoir quoi que ce soit. Partir pour lui faire oublier ta présence. Partir pour lui faire oublier ses fautes qui te réjouissaient pourtant. Tu détachais tes vêtements de ton corps, les yeux encore à demi-clos. Il devait être tard et pourtant tu étais encore fatigué. « Tais-toi et rendors toi Pushkin », elle t’agaçait déjà. Elle, c’était le paroxysme de la fille insupportable. Parfois tu avais juste envie de lui donner une bonne claque, de la remettre à sa place tel un père autoritaire et supérieur. Mais vous étiez à égalité, dans cette même dépendance charnelle. Tu glissais ton bras un peu plus bas de sorte que tu étais caché de sa présence. Les yeux à nouveau fermés tu étais tenté de te rendormir mais le regard de la sentinelle t’oppressait de sorte que le sommeil ne vint pas. « Allez, viens au lieu de gueuler comme un chien d’garde » tu tendais un bras en sa direction. Tu savais pourtant qu’elle n’allait pas venir à toi, beaucoup trop ferme dans ses idées il allait lui en falloir plus pour retourner près de toi. Mais en ces quelques minutes tu n’avais pas la force de faire quoi que ce soit, encore moins de convaincre une capricieuse. Tu allais rester là, tu allais la mettre dans ta poche, une nouvelle fois. Trop sûr de toi tu oubliais à quel point elle pouvait se montrer odieuse.
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MessageSujet: Re: empty spaces. (lucius)   Lun 1 Mai - 18:52


Iggy ne sait pas exactement ce qui, d'entre toutes les raisons qu'elle a de le détester, lui donne le plus envie de le mordre là, présentement. Elle n'a que l'embarras du choix. Il y a le fait alarmant qu'il soit – un coup d'œil à l'horloge connectée sur sa table de nuit à l'appui – 9h48 et que Lucius soit toujours là. Dans son lit. Nu. Le fait que ce soit la deuxième fois cette semaine. Trois fois la précédente. Qu'elle dorme mieux lorsqu'il est là, un abandon sans rêve, noir comme un trait d'eyeliner, loin des chiffres et des angoisses – foutue gamine qui se protège des monstres sous son lit en en invitant un à y pénétrer. Il y le fait qu'il a désormais un côté du lit rituel, comme s'il était son foutu mari. Ou le fait que, d'entre tous, ce soit lui. Elle collectionne les amants chics depuis qu'elle est en âge de battre des cils. Les hommes aux pedigrees impeccables, mains fragiles de ceux qui n'ont jamais dû rien prendre, car tout leur est tendu. Les hommes à l'existence facile, au front droit, elle les aime, les garde, les classe, les range soigneusement dans son dressing, par ordre de préférence, à l'instar de ses bijoux. Et c'est ce qu'ils ont toujours été, dans le fond. Des accessoires clinquants, signes extérieurs de richesse corrosive. Elle en a connu des tas, des hommes à sa hauteur, mais il a fallu que le seul auquel elle ait pris goût soit celui qui n'a rien à lui offrir. Et s'il y a une leçon à tirer des absurdes préférences d'Iggy, une métaphore dans ce merdier, elle n'a pas le temps de l'explorer. Elle est trop occupée à le fusiller du regard, activité rendue passablement agréable par le fait qu'il ne porte rien d'autre que ses draps blancs et une expression d'exquise fatigue au bord des traits. Elle est prête à lui accorder qu'être instructeur de surf lui confère certains privilèges physiques qu'aucun banquier ne décrochera jamais, mais c'est bien là toute la caresse verbale à laquelle il aura jamais droit. La belle hypocrite, qui utilise allègrement l'objectification comme mécanisme de survie, pourtant prête à montrer les crocs et crier au scandale misogyne dès qu'il ose lui rendre la pareille. "Tais-toi et rendors toi Pushkin." Nouvel ajout à la très longue liste des raisons pour lesquelles il ferait bien de décamper fissa : l'utilisation de l'impératif. Comme s'il avait le droit de lui donner des ordres. Comme s'il avait la moindre autorité. Son inférieur, contractuellement obligé à l'amener là où elle veut aller, à lui obéir au doigt et à l'oeil.

Il tend un bras vers elle, les yeux fermés, barrant l'agression de la lumière à l'aide d'un coude arqué. Il y a quelque chose de tellement naturel, presque réconfortant dans le geste, qu'elle en sort immédiatement de ses gonds. Elle ne veut aucun confort, Iggy, aucune confidence. Elle n'a certainement pas besoin d'être rassurée, et tant pis si son sommeil n'a jamais été aussi reposant que lorsqu'il s'entrelace à celui de Lucius. Cette simplicité à deux est tout ce qu'elle abhorre, raison pour laquelle elle se fait une promesse de tout compliquer, d'affûter ses propres arrêtes jusqu'à ce qu'il aille s'y déchirer les phalanges – si elle n'est pas foutue de le garder à distance, ou de lui faire quitter ses draps, très bien. Elle fera en sorte qu'il ne souhaite jamais y revenir. "Tes services ne sont plus requis. Tu peux t'en retourner d'où tu viens, où que ça puisse bien être." L'artillerie lourde avant même son premier Lapsang Souchong de la journée. Chaque pore de sa peau, profondément progressiste, s'hérisse au potentiel sous-entendu qui semble chuchoter que Lucius n'est pas seulement son chauffeur, mais son gigolo. Aussi offensant pour elle que pour lui. Elle voudrait faire marche-arrière, être royale, digne, grande dame, mais il est 9h48 du matin, elle a le cœur au bord des lèvres, la colère dansant dans les poignets, et ce qui semble être les prémices d'une gueule de bois. Plantée là, sur le tapis, elle hésite entre aller se chercher un verre d'eau ou lui arracher le drap. A la place, elle croise les bras sur la poitrine, lèvres pincées. "Ne t'attends pas à un pourboire pour les heures sup', surtout." There it is again. Ce putain d'amalgame entre chauffeur et amant, comme s'il avait signé un contrat pour les deux postes. Cette relation rendue malsaine par les dollars oscillant, menaçants, au dessus de leurs têtes, ou peut-être que c'est ce qu'ils avaient toujours été l'un pour l'autre, hiérarchie ou non. Malsains. Alors que ce à quoi Iggy fait référence, c'est à quel point il a échoué dans sa mission. La description du job est pourtant simple : la ramener au bercail sans encombres. Mais six heures plus tard, il est là, il se prélasse, elle serre les dents, les poings, les principes, et il est clair comme de l'eau de roche que, les encombres, c'est lui.


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MessageSujet: Re: empty spaces. (lucius)   Jeu 4 Mai - 13:48

C’est dans ces moments-là que tu regrettais d’être resté. Tu n’étais matinal pour que une vague, ou peut-être une bière. Pas pour une princesse. Pas pour des caprices. Tu n’étais pas encombrant, quand bien même elle surveille chaque parcelle de son territoire. Elle pourrait partir d’elle-même. Aller dans son salon branché follower ses autres baby-doll. Mais non, la gamine reste en face de toi, attendant ce qu’elle n’aura jamais. Puisque tu ne veux sortir du lit, elle subira tes lentes péripéties. Son agacement a le don d’être communicatif. A défaut de rire. Alors tu jettes ton bas sur le matelas. Embêté qu’une simple proposition ne lui suffise pas. Elle veut plus. Tellement plus que ses mots sonnent faux, sonnent lâches. « Oui c’est sûr que ça sera plus agréable d’avoir cet asiat’ à ma place », tu faisais référence au chauffeur de son père. Celui qui était le sien avoir que tu apparaisses, avant que son père te la confie. Il te savait bon, il te savait docile. Critères si importants face à sa douche chérie. L’asiatique n’avait pas été à la hauteur, pas assez réactif, pas assez précaire. Aucun homme qui vit modestement irait chercher une pauvre blonde à cinq heures du matin, en plein milieu de son sommeil. Aucun homme ne se lèverait pour elle, quand bien même son corps a le goût du luxe, s’il sait son frigo remplit. Tu soufflais, ne sachant quoi dire. Tu aimerais juste qu’elle te foute la paix, ou qu’elle te fasse du bien. « Tu ne serais rien sans moi » tu relèves un peu plus le coude, juste assez pour voir sa réaction, lui balancer ce sourire enfantin, satisfait de lui-même. Beaucoup trop facile, mais beaucoup trop évident. Iggy avait tout réussi, aussi jeune et déjà puissante. Seulement tu étais persuadé qu’elle ne serait pas complètement et indéniablement satisfaite de sa vie sans toi. Elle n’avait rien qui pouvait la soulager, rien qui pouvait la sortir de sa zone de confort, de ses habituels jouets. Tu faisais la différence. Alors oui, tu fantasmais de son attachement, inexistant pourtant. Tu abaissais les paupières, pensant qu’elle allait lâcher l’affaire, pensant que tu étais enfin tranquille. Morphée était à deux doigts de toi, il t’attendait. Et elle, elle fait venir Hadès à coup de fourche. Ses paroles virulentes qui n’étaient que le reflet de la vérité t’insupportaient. Vous aviez tout deux conscience du rôle de chacun. Malsain. Pervers. Votre relation n’avait rien de saine, mais tu arrivais à t’en cacher. Tu arrivais à tout faire passer par le plaisir, à te persuader de la normativité de votre lien. A raison de pouvoir te rendormir tu te levas, d’un seul bond. Quoi que beaucoup trop rapidement pour ton esprit. Tu vins à elle tel un lion vers sa proie. « Ne parle plus jamais comme ça » tu sifflais, les yeux plongés dans les siens. Ta main vint se bloquer derrière sa nuque de telle manière que tu avais toute emprise sur elle. Son cou, la partie du corps que tu préférais chez elle. L’idée de tes lèvres contre sa peau te fit frémir. « Tu es mon pourboire » tu tentais d’abaisser la tension, le sang chaud qui glissait le long de ton corps. Tu évitais de devenir virulent, impulsif. Mais tu savais à quel point tout pouvait aller vite avec elle. Et surtout, elle savait comment te pousser à bout. Les ongles qui s’enfonçaient dans sa peau, tu ne lâchais pas son regard des yeux. Tu n’allais pas la lâcher avant longtemps. Tant que votre relation continuera à être aussi malsaine.
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MessageSujet: Re: empty spaces. (lucius)   Lun 8 Mai - 7:01

Les iris noisette font l'aller-retour entre le sol et le plafond, le soupir facile, Iggy décroise les bras. Pose les mains sur les hanches. Préfère les recroiser, tout compte fait. Une fois de plus, elle se pose trop de questions, tente d'échapper aux stéréotypes, tries too hard, jamais satisfaite d'un body language qui la joue, bien malgré elle, tantôt ménagère en colère, tantôt copine jalouse. Dans sa recherche frénétique du détachement, Iggy ne s'est encore jamais aperçue de l'oxymore qui lui pend au nez. Tous ces efforts destinés à faire comprendre qu'elle n'en fera pas – qu'elle a le brillant quotidien millimétré, et que si tu ne te plies pas suffisamment pour savoir te glisser dans le quadrillage, tu peux toujours te faire renverser par un tram pour tout le bien que ça lui fera. Lucius, c'est son erreur à répétition, celle qui était prévisible puisqu'Iggy ne s'offre de lest nulle part ailleurs. Lucius, c'est l'insignifiant qui a pris trop de place. L'homme qui était tellement, ostentatoirement absurde à son bras qu'elle n'a pas songé une seule seconde à se méfier. Sauf que, flash forward quelques mois, et il est là, il est passé d'amant à habitude. Elle connaît les consignes de sécurité : arracher les hommes, comme des pansements tant qu'ils sont encore défis, avant qu'ils ne deviennent réconfort. Lucius a un pied de chaque côté de la ligne, raison pour laquelle il est grand temps de lui tirer une balle dans le genou. L'inverse se produit, "tu ne serais rien sans moi", et Iggy serre les dents. Il est d'autant plus facile de le détester dans la mesure où, toute proportion gardée, il n'a pas entièrement tort. Le moins-que-rien est devenu remède universel, soulageant tous maux, de l'ongle cassé au mal du siècle. Pourtant, une fois face-à-face avec son ignoble sourire de petit con qui, légalement, ne devrait jamais faire d'apparition si matinale, elle s'aperçoit sans contrainte d'à quel point il est toxique, et n'a jamais su être que ça. La clope coupable de l'addict faible, goudronnant le système respiratoire sous couvert de la satisfaction de quelques minutes. "C'est ça, continue à te le répéter si ça donne un sens à ta vie," répond-elle, haussant les épaules dans une nonchalance tout à fait feinte alors qu'intérieurement, elle bout. Comment ose-t-il la réduire à rien, la réduire à lui, alors qu'elle est infiniment supérieure à une bouche et une paire de jambes, alors qu'elle a des kilomètres de profondeur et qu'il n'a jamais caressé que la surface. Alors qu'elle a un nom, un rôle, une importance, et qu'il est loin de pouvoir en dire autant. Elle a à peine le temps de détourner le regard – coup d'œil amoureux vers la porte – qu'il est debout, qu'il s'abat sur elle, ses doigts contre sa nuque et si le geste est dangereux, possessif, Iggy recèle des trésors d'optimisme. "Bien. T'es debout. On progresse." Volontairement provocatrice, elle laisse ses yeux glisser le long du torse de Lucius, seulement vêtu d'un peu de sommeil. Si la perspective de froisser son ego est alléchante, Iggy est bien trop intelligente pour faire l'effort de prétendre rester indifférente à sa proximité. Sa peau, ondulante à son contact, la trahirait immédiatement. Pour le bonheur simple de le voir tiquer, de lui rappeler qu'il croit prendre ce qu'elle lui donne, elle penche la tête sur le côté, lui offre l'entièreté de sa nuque. Lorsqu'il lui dit qu'elle est son pourboire, elle laisse échapper un rire doux, faussement angélique. "Parlé comme un vrai miséreux." Parce que c'est facile, le classisme. Parce que c'est éternel. C'est plus arrangeant que de disséquer cette tumeur qu'il a façonnée en elle, mi-venin, mi-frisson, les baisers qui goûtent le triple sec et l'angoisse. Parce que tout est question de mathématique, et si elle parvient à le faire s'en aller de lui-même, elle ne devra pas avoir affaire aux regrets de l'avoir chassé.


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